L’Hardcore Legend, Mick Foley, a publié un nouvel article sur son blog afin de rendre hommage à la Rated-R Superstar, Edge, tout juste à la retraite depuis le début de cette semaine. C’est avec plaisir que je l’ai lu et traduit pour vous le faire partager :

MICK FOLEY : « Pour ceux qui ne le savent pas encore, Edge et moi avions pour habitude d’être l’une des meilleurs équipes de tous les temps. Laissez-moi vous dépeindre la scène. Dans n’importe quelle arène, n’importe quelle région du pays durant 18 mois -à peu près de début 1999 à fin 2000-. Al Snow, malgré tout ce que j’ai pu écrire par le passé, était en fait un gars avec de l’esprit; plus que capable de riposter durant notre légendaire (bien que ridiculement longue) bataille des cerveaux. Imaginez chaque insulte et plaisanterie comme un coup de poing, en assemblant autant que possible -certaines meilleurs que d’autres, certaines en plein dans le mille et d’autres manquant littéralement leur cible- dans le but ultime de mettre KO verbalement votre adversaire. Ce n’était pas inhabituel pour Al Snow d’être fort à ce jeu, de piquer là où ça fait mal, de me torpiller de coups. Mais tel DeNiro dans Raging Bull, Al Snow ne m’a jamais fait tomber. Pourquoi ? Parce qu’il n’avait pas mon arme secrète. Parce que, concrètement, il n’avait pas Edge. C’est moi qui l’avais.

Sentant que son ami pouvait être en danger face à une défaite embarrassante contre Snow, Edge sautait dans l’action, riant à gorge déployée à n’importe quel faible retour comique que je pouvais tenter, avant de faire équipe avec moi pour frapper le brave mais déjà condamné Snow avec le plus incroyable des finishers – le White Guy Jumping High Five (le « tape m’en cinq » sauté du blanc-bec) ! Le mouvement était un KO garanti : il créait de telles vagues de rire au sein de mes contemporains de la WWE qu’Al Snow s’avouait tout simplement vaincu, disant que ce n’était pas juste, qu’Edge était mon acolyte, que mes blagues n’étaient même pas drôles, blablabla. Que des arguments valides, certes, mais qui ne valaient rien à l’époque… et toujours maintenant. Tout ce qui comptait alors… et toujours maintenant, c’est qu’Edge était mon arme secrète et que j’étais invaincu dans les vestiaires (ou dans l’avion, le train, le bâteau, sur le terrain de baseball… vous avez compris) lors des matchs contre Snow.

Il n’y avait pas besoin d’une boule de cristal pour voir qu’Edge allait être une star. Il avait les mouvements, l’attitude, le charisme. Mais ce ne fut pas avant une interview des jeunes de l’époque, où Gangrel semblait défaillir verbalement, qu’Edge put enfin obtenir sa chance – une opportunité dont il prit pleinement avantage; laissant tout le monde d’accord pour dire « ohh, il peut parler, il va nous rapporter de l’argent ». Clairement, ce gars-là n’était pas fait pour rester silencieux ou être en arrière-plan, et en quelques semaines (à peu près) Edge et Christian n’ont plus hésité et ont commencé à explorer leur côté comique, des « 5 second poses for those with the benefit of flash photography » à leurs shows délirants avec le nouveau commissaire de la WWE – moi ! J’ai souvent parlé de mes jours en tant que commissaire de la WWE comme les plus heureux de ma carrière. Et de toutes ces choses qui participèrent à me rendre heureux, rien ne le faisait plus que de travailler avec Edge et Christian sur une série d’épisodes en coulisses bizarres, innocents et ridicules que l’on appelait communément « Chredgeley », comme dans Christian, Edge et Foley. Vous savez, avant que je ne l’écrive, je n’avais jamais réalisé qu’Edge avait son nom entier là-dedans alors que Christian et moi n’y avons que trois lettres de nos noms. Hé, ça n’est pas juste ! Je n’essaye pas de vendre un DVD ici (surtout que j’en ai déjà un qui sort le 19 Avril et que j’essayerai bien de vendre) mais j’ai tellement aimé travailler avec Jay et Adam (je suis sûr que vous savez qui est qui) que j’ai spécifiquement demandé une compilation « Chredgeley » sur la vidéo « Hard Knocks and Cheap Pops » des années 2000.

Aussi drôle et talentueux que chacun était, ce n’est pas avant le match « Tables, Ladders and Chairs » de Summerslam 2000 que le monde a commencé à les voir comme de véritables superstars et, ironiquement, ce n’est pas avant le retour en 2003 après sa chirurgie de fusion cervicale que l’on donna à Edge une chance légitime de percer cette vitre blindée – l’invisible mais pourtant réelle barrière qui a empêché beaucoup de Superstars de la WWE de faire ce dernier pas pour passer de Superstar à SUPERSTAR – d’un mid-carder à un main-eventer. L’Edge de 2003 n’a pas tapé à cette vitre. Il n’a pas demandé poliment s’il pouvait entrer. Il l’a frappé, la brisant de son poing. Il n’a pas fait ce dernier pas, il a sauté par-dessus tout le monde. Et il l’a fait avec tous ces outils – expérience du ring, psychologie, humour, puissance, détermination – qui lui ont permis de voler la vedette de chaque show dans lequel il est apparu. J’ai pu voir quelques uns de ses matchs en direct. J’en ai regardé la plupart à la télévision. Bon sang, j’ai même pu participer à l’un d’eux – Wrestlemania 22, où le magicien Edge exécuta son sort sur une vieille relique dépassée et épuisée d’un temps oublié, lui (c’est-à-dire moi) offrant la chance d’avoir un de ces grands moments de l’histoire de Wrestlemania.

Je n’avais pas de doute qu’à l’époque, en 2006, Edge était le lutteur numéro 1 de ce business. Je suppose que quelqu’un peut soulever l’argument qu’il était le numéro 1 d’une certaine période comme d’autres sur d’autres périodes. Ses matchs avec les top-stars de la WWE de cette ère – The Undertaker, Triple H, Rey Mysterio, Randy Orton, John Cena, etc. etc. – sont des matchs de légende. S’il n’y a qu’une faiblesse à cette argumentation en faveur d’Edge, c’est qu’il faisait des matchs incroyables avec une telle régularité que je doute que les fans aient pu totalement saisir à quel point ils étaient incroyables. Après mon match à Wrestlemania avec Edge, j’ai passé un LONG moment dans mon lit, pu avoir un vol tardif sur un avion et suis arrivé juste à temps pour voir Edge à Raw, volant encore la vedette – juste 24 heures après avoir volé la vedette lors du plus grand événement de l’année.

Je ne sais pas s’il y aura un jour un consensus sur qui est ou était le meilleur lutteur ou le plus grand travailleur de cette ère (appelons-la 2003-2011, commençant et finissant avec cette blessure à la nuque). J’ai dit une fois que je pourrais faire une bonne argumentation en faveur de Shawn Michaels – et je le peux. Je pense que je pourrais aussi le faire pour Kurt Angle. En se basant sur les matchs qui rapportaient le plus de sous, certains diraient Triple H. En terme de lutte pure et dure, peut-être AJ Styles ou Samoa Joe, or n’importe quel lutteur japonais ayant pu se faire connaître mondialement.

Mais regardez bien tout ce qu’Edge a pu apporter sur la table. Une volonté de s’investir complètement dans chaque histoire – pour que les gens y croient, ou du moins qu’ils croient qu’il y croit. Il a embrassé le ridicule. Il a adoré l’émotion. Il s’est épanoui sous la pression. Il s’est battu pour ce qu’il pensait être le meilleur pour ses personnages, ses matchs, ses adversaires, pour les shows. En tant que spectateurs, nous savions que chaque segment où il apparaissait allait être bon. Plus important encore, nous savions que n’importe quel segment incluant Edge avait le potentiel d’être génial. Il était comme un homme-à-tout-faire. Il y en a eu d’autres dans le monde de la lutte – des gars qui savaient lutter, être rentables, parler, créer des personnages, être dramatique ou comique. Mais pour moi, c’est lui qui avait le plus de ressources, c’est lui qui était le plus divertissant. Alors bien qu’il puisse y avoir un débat sur qui était le MEILLEUR LUTTEUR de 2003-2008, il n’y a pour moi aucun débat possible sur qui en était le MEILLEUR PERFORMEUR. Aucun doute, c’était Edge. Quelle personne incroyable. Quelle carrière incroyable.

S’il-vous-plaît, partagez ça avec n’importe qui pouvant être intéressé. Tout le monde peut l’utiliser – n’importe quel site, magazine ou autre média. »

Pour les intéressés, le blog de Mick Foley est accessible en cliquant ici.  Je vous annonce que j’aurai le plaisir de publier bientôt la traduction d’un autre de ses articles, un peu plus ancien, parlant de Chris Benoit.

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