Bonjour à tous, c’est HBK, j’ai le plaisir de vous annoncer que désormais, je posterai de temps en temps des mini-chroniques sur Catch au Quotidien. L’objet de ces chroniques sera essentiellement porté sur des histoires passées que je ferai vivre ou revivre, tout en essayant d’y apporter, par mes connaissances personnelles, des éclaircissements et analyses supplémentaires.

Pour cette toute première chronique, je vous emmène, 16 années en arrière et plus précisément le 4 Septembre 1995, le jour ou l’ancienne émission hebdomadaire de la WCW, Monday Night Nitro, était diffusé pour la toute première fois, sous l’impulsion d’un certain Eric Bischoff, le lundi soir, sur la même plage horaire que l’émission rivale, Monday Night RAW.

Dès lors, commence une guerre de l’audimat sans précédent dans l’univers du Catch entre la WCW de Ted Turner et la WWF de Vince McMahon. Cette lutte à distance plait beaucoup aux spectateurs, puisque l’audience et la médiatisation du Catch à la télévision durant la guerre, n’avaient plus rien de comparables par rapport à ce qui se faisait auparavant. Et c’est en grande partie à cette période que nous devons l’ampleur actuelle prise par l’industrie du Catch.      

Alors je vous fais une vue globale en quelques points. Les Monday Night Wars, qui vont de Septembre 1995, avec le passage de Nitro le lundi soir, à Janvier 2001, période où la WCW est finalement rachetée par son concurrent, sont dissociables en quatre parties :

  • Tout d’abord, de septembre 1995 à juin 1996 où aucun des deux shows n’arrivent à prendre l’avantage sur l’autre.
  • La deuxième, commençant à partir de l’été 1996 à Wrestelmania XII où Nitro domine complètement RAW en les battant pendant 84 semaines d’affilés avec leur nombreuses stars comme Hulk Hogan, Sting, Randy Savage, Kevin Nash, Lex Luger etc …
  • Ensuite, c’est pendant l’année 1998 où RAW revient à hauteur de Nitro avec la WWF qui lance l’Era Attitude et qui prend comme top face Stone Cold Steve Austin.
  • Et pour finir de 1999 à la fin de la WCW en 2001 où la RAW prend largement l’avantage sur Nitro et pousse la WCW à la fin.

Nous pouvons d’ailleurs, distinctement repérer ces différentes périodes, par l’intermédiaire de la courbe des audiences ci-dessous.

Courbe d'audience durant les Monday Night Wars

Courbe d'audience durant les Monday Night Wars

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Alors une question se pose assez naturellement, mais pourquoi la WCW a-t-elle perdu cette guerre des audiences ?

Durant ces presque 6 années de guerre, la WCW a fait de nombreuses erreurs que nous analyserons de plus près pour tenter de comprendre cet échec cuisant qu’ont été les Monday Night Wars pour la compagnie de Ted Turner.

Tout d’abord, de 1993 à 1996, la WCW, avec un gros appui financier de Time Warner société propriétaire de la WCW, parvient à faire entrer dans ses rangs la majeure parti des stars des années 80 avec Randy Savage, Hulk Hogan, Lex Luger, Ric Flair, Ted Dibiase et bien d’autres. Jusqu’à 1998, ces grosses stars font le bonheur de la fédération. Cependant, toutes ces vedettes avaient dans leurs contrats respectifs, une clause leur permettant d’avoir le contrôle total de leurs personnages et pouvaient aussi agir sur le résultat de leurs matchs. Ce qui n’était qu’un détail va rapidement devenir un gros souci lorsque les têtes d’affiche sont un peu moins performantes. Ce fut alors très difficile pour la WCW de lancer des jeunes talents tel que Chris Jericho, Mister Perfect ou Dean Malenko dans le Main Event car les grands noms de la fédération n’acceptaient souvent pas de perdre contre eux.

Ces gros contrats ont aussi été une source d’ingérence au sein de la WCW, qui s’est rapidement trouvé dans l’anarchie la plus totale dans les coulisses. Certes, Eric Bischoff dirigeait toujours le tout mais comme dit précédemment, il ne pouvait pas gérer la compagnie à sa guise puisque les résultats des matchs étaient toujours bloqués. Chacun décidait de ce qu’il voulait faire, où il le voulait, quand il le voulait et de la façon dont il le voulait. Pendant ce temps, à la WWE, Vince McMahon dirige ses troupes d’une main de maître.

La WCW a toujours fait confiance aux étoiles des années 80. Mais au bout d’un certain temps, leurs prestations devenaient de plus en plus ternes et l’impact auprès des spectateurs n’en faisait que décroître irrémédiablement du fait que le Main Event de la WCW ne se renouvelait pas. De l’autre côté, à la WWF, des jeunes talents en parfaite condition physique tel que Stone Cold Steve Austin ou The Rock font leur apparition au premier plan et relance littéralement la WWE dans sa guerre face à la WCW.

Nous sommes là au tournant de la guerre, tandis que la WCW est sur la pente descendante, avec son up-Roster vieillissant, la WWE renaît de ses cendres et entre dans la Era Attitude, sa période la plus prolifique. D’ailleurs, la plupart des jeunes à qui on aura pas assez fait confiance, connaitront de grandes carrière à la WWE comme Chris Benoit, Eddie Guerrero ou encore Rey Mysterio pour ne citer qu’eux.

Autre erreur, la WCW n’a jamais privilégié l’organisation de leurs shows dans de grandes salles et ce, malgré des moyens financiers très importants. Le plus grand PPV de l’année ne réunissait seulement 15.000 personnes pour des confrontations légendaires comme Sting vs. Hulk Hogan, imaginez juste ce que cela aurait donné dans un grande arène de 50.000 personnes, quel gâchis !

A partir de 1999, des décisions fragiles sont prises par la WCW et à mon sens, la plus grande erreur, fut incontestablement le renvoi d’Eric Bischoff et donc la venue de Vince Russo au poste de Vice-Président de la fédération. Russo a dès lors, multiplié les boulettes jusqu’au rachat de la compagnie.

Je vous ai parlé des nombreuses erreurs de la WCW, mais n’oublions pas que son principal bourreau, peut-être même plus que les erreurs commises par sa direction, a été l’idée géniale lancée à l’époque par la WWF, l’Era Attitude. La compagnie de Vince McMahon a arrêté son concept des gimmicks des années 90 un peu trop enfantines, comme celle de Doink the Clown par exemple, pour laisser place à une toute nouvelle conception du show se rapprochant plus de ce qui était fait dans la fédération adverse.

En conclusion, plus qu’une victoire de la WWF, c’est la WCW qui s’est autodétruite en misant tout sur du court terme, en faisant venir les stars sans assurer ses arrières et qui s’est donc, à partir d’un certain temps, retrouvé dans une impasse qu’elle avait elle-même créé. Pourtant à la base, la WCW aurait dû logiquement gagner cette guerre. En effet, elle avait tous les instruments nécessaires dans ce but :

• elle avait toute les plus grandes stars des années 80 – début 90 : Hulk Hogan, Scott Hall, Kevin Nash, Randy Savage, Sting Ric Flair, Lex Luger, Mr Perfect…

• elle avait des mid-carder tout simplement exceptionnels avec notamment Chris Jericho, Dean Malenko, Chris Benoit, Eddie Guerrero, Rey Mysterio.

• elle avait les moyens financiers avec Ted Turner qui avait de quoi renverser la fédération de Vince McMahon.

Personnellement la WCW/NWA est la fédération qui m’a le plus marqué. Elle restera pour moi, la plus grande fédération de l’histoire.

Ce phénomène des années 90’ pourrait bien revoir le jour très prochainement avec la TNA qui tente de concurrencer la WWE. D’ailleurs, à la tête de la TNA, qui retrouvons nous ? Vince Russo et Eric Bischoff, je crois bien que ces noms me disent quelque chose. Un temps aligné le lundi, TNA Impact est repassé sur le Jeudi après des résultats plus qu’insatisfaisant tant la domination de RAW était grande. Le problème majeur de la compagnie de Dixie Carter aujourd’hui, et c’est ce qui selon moi sera la raison pour laquelle la TNA ne concurrencera jamais la WWE, c’est le manque de moyen. Mais qui sait ? Un jour peut-être, sur un malentendu…

Nous touchons maintenant à la fin de cette chronique, qui je l’espère, vous aura plu. Avant de vous quitter, j’aimerais vous demander : Et pour vous, pourquoi la WCW a-t-elle perdu ? Selon vous, la TNA pourra-t-elle avoir au moins autant d’impact que la WCW ?

Merci à Nero et The IceMan pour leur collaboration.

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