Les Gimmick

Ou l’âme des lutteurs…

Dans ses jeunes années, le catch était une discipline proche de la lutte libre, une majorité des coups portés restant cependant fictifs. Les prises de soumissions étaient quant à elles réelles et les catcheurs de la NWA du début du 20ème siècle étaient des sportifs à part entière et en aucune façon des acteurs.

Mais le public attendait un produit nouveau, plus attrayant, il voulait que le catch incarne ce changement.

Dans les années 40, Paul « Pinkie » George, fondateur de la National Wrestling Alliance (nouveau nom donné à la NWA qui s’appelait jusque là la National Wrestling Association) fut le grand protagoniste de ce changement. Sans renier le passé glorieux et sportif de la NWA, il attacha de l’importance à ce que l’on appellera les Gimmick. La personnalité des lutteurs était alors mis en avant voire même caricaturée. Les catcheurs de la NWA n’étaient plus de simple sportifs, il devinrent avant tout des acteurs.

I) Les premiers personnages:

Le premier grand lutteur/acteur se nommait George Wagner, mieux connu sous son nom de scène: Gorgeous George.

Gorgeous George: le tout premier « Nature Boy »

Dans les années 40, George se laissa pousser les cheveux, et du haut de son mètre 75 inventa la gimmick la plus reprise de l’histoire du catch. Le « Nature Boy » vit le jour.

James Brown, Muhammad Ali, Buddy Rogers, Ric Flair et bien d’autres avoueront l’influence de George sur leur propre parcours.

Il est à noter que d’autres stars de l’époque étaient contre l’idée même des gimmick, le principal opposant n’étant nul autre que Lou Thesz qui ne concevait pas le rapprochement entre catch et divertissement.

A la même époque, Billy Watson prit le rôle du catcheur irréprochable, préférant la défaite à une victoire controversée. Le Sheik quant à lui devint une sorte de millionnaire syrien au caractère animal…

whipper_champ.jpg (238×300)

« Whipper » Billy Watson

II) 1960; L’accentuation de la tendance:

Vince McMahon Sr comprit la nouvelle importance de la gimmick, il décida d’en augmenter l’ampleur.

Des catcheurs plus loufoques les uns que les autres se disputèrent les Main Event de la WWE. Citons le légendaire et néanmoins très particulier George « The animal » Steele qui avait pour habitude de mordre ses adversaires. Buddy Rogers reprit la gimmick de Gorgeous George. Stan Stasiak devint un homme de fer, imbattable et obtenu le surnom de The Man, repris par la suite par d’autre lutteur dont le plus connu est Goldberg (Da Man)…

animal.jpg (264×280)

George « The animal » Steele

III) Les années 70/80; la mondialisation de la Gimmick:

En ces années là, à la WWF, le spectacle et par conséquent les gimmick prirent le pas sur la technique. C’est aussi le cas pour certain Main Eventer d’autres fédérations américaines comme la NWA ou à AWA mais aussi mexicaines et japonaises de façon beaucoup moins importante.

A la NWA, Dusty Rhodes devient avec sa gimmick si particulière la star du moment.

dusty-rhodes.jpg (247×300)

Dusty Rhodes

Billy Graham à la WWF popularisa les poses plastiques et sera la première stars bodybuldée du catch. A la AWA, Hulk Hogan trancha totalement avec le style de la compagnie et ses grandes stars techniques comme Verne Gagne ou Nick Bockwinkel et reprit la gimmick de Graham. Au mexique, les luchador, qui jusque là atteignaient le statut de stars par leurs aptitudes physiques, virent naitre d’autres types d’étoiles du ring. Ainsi Mil Mascaras et son physique si particulier obtint une popularité comparable à son idole El Santo.

Mr4wzQiV1DWJpUN.jpg (242×300)

Mil Mascaras

Au japon, Giant Baba et ce malgré son physique peu avantageux et son talent assez discutable, profita de sa taille et de son charisme pour devenir champion mondial.

baba.jpg (217×382)

Shohei « Giant » Baba

IV) Les années 90/2000, trop de Gimmick ?

Depuis les années 90, peu de catcheur à la gimmick poussée arrivent à percer.

Le hockeyeur/catcheur The Goon ne restera que quelque mois sous contrat avec la WWE.

goon_display_image.jpg (317×400)

The Goon

L’éboueur Duke Droese n’atteindra jamais le statut de Main Eventer tout comme le pilote de course Bob Holly, Eugène ou Festus.

04droese1994.jpg (303×390)

Duke « The Dumpster » Droese

Les gimmick moins prononcées, comme celle du Rock, d’Austin, de Lex Luger ou de Razor Ramon connaitront un plus franc succès.

luger.jpg (300×392)

Lex Luger

Cependant, les gimmick à l’image de celle des années 80 ne sont pas toutes rejetées par les fan. Ainsi, The Undertaker, The Ultimate Warrior, Goldust ou Mick Foley (Mankind, Dude Love ou Cactus Jack) resteront des lutteurs de tout premier plan.

Conclusion:

Lou Thesz a fait deux erreurs durant sa si belle carrière, la première est de ne pas considérer la Lucha Libre comme partie intégrante du catch (bien qu’il soit revenu sur ses dires en fin de carrière), la seconde est son rejet pour les Gimmick. On pourrait cependant se demander si cette dernière n’était tout simplement pas l’un des aspects qui a contribué à sa légende et donc à son personnage, à sa gimmick…

Publicités